Un vétérinaire examinant un reptile (Gecko à crête) dans une clinique vétérinaire lors d'une consultation.
Les maladies les plus courantes chez les reptiles et comment les éviter

Les reptiles sont des animaux fascinants, robustes en apparence, mais dont la santé repose sur un fragile équilibre : température, hygrométrie, alimentation, lumière, stress… La moindre erreur de maintenance peut entraîner des problèmes parfois sévères. Que vous soyez débutant ou confirmé, connaître les maladies les plus fréquentes permet d’agir tôt et d’éviter bien des complications.

Dans cet article, vous découvrirez les affections que l’on rencontre le plus souvent chez les reptiles, comment les reconnaître et surtout comment les prévenir grâce à une maintenance rigoureuse et adaptée.

Maladie métabolique des os (MBD)

La maladie métabolique des os est sans doute l’un des troubles les plus fréquents chez les reptiles, en particulier chez les lézards et les tortues. Elle apparaît lorsque l’animal manque de calcium, ou lorsque le rapport calcium/phosphore est déséquilibré. Mais le point clé, c’est surtout le manque de vitamine D3 : sans elle, le calcium n’est tout simplement pas absorbé correctement. C’est pour ça que les UVB sont indispensables à de nombreuses espèces.

Les individus jeunes ou les femelles en période de ponte y sont particulièrement sensibles, car leurs besoins en calcium sont plus élevés. Sans apport suffisant, le reptile puise directement dans ses os, ce qui entraîne fractures, déformations, faiblesse musculaire ou difficultés à se déplacer. Le diagnostic repose généralement sur un examen clinique, des radiographies (qui montrent une baisse de minéralisation osseuse) et parfois une analyse sanguine.

Le traitement est souvent urgent : supplémentation en calcium, correction de l’éclairage UVB, adaptation de l’alimentation, et parfois soins de soutien. La prévention repose sur trois piliers simples :

  • un éclairage UVB adapté et régulièrement remplacé,
  • une alimentation équilibrée et correctement supplémentée,
  • des températures optimales pour permettre la synthèse de la vitamine D3.

Infections respiratoires

Les infections respiratoires surviennent fréquemment quand les conditions du terrarium ne sont pas optimales : température trop basse, humidité excessive ou mal contrôlée, mauvaise ventilation, stress ou hygiène insuffisante. Les signes sont assez caractéristiques : respiration bouche ouverte, sifflements, écoulements nasaux, perte d’appétit ou léthargie.

Pour confirmer le diagnostic, le vétérinaire peut réaliser une radiographie ou un examen clinique complet. Le traitement repose souvent sur des antibiotiques ou des soins de soutien (augmentation de la température, fluides, amélioration immédiate des paramètres du terrarium).

La prévention est relativement simple :

  • maintenir des valeurs de température et d’hygrométrie adaptées,
  • assurer une bonne ventilation,
  • conserver un terrarium propre et sec.

Stomatite (“mouth rot”)

La stomatite est une infection de la bouche, souvent d’origine bactérienne mais parfois fongique ou virale. Elle survient lorsque l’environnement est inadapté, que l’animal subit un stress répété ou qu’il s’est blessé dans la bouche (morceau de décor abrasif, mue retenue, proie trop grosse). Un manque de vitamine A peut également favoriser son apparition.

Les signes typiques incluent une salivation excessive, des dépôts blanchâtres ou du pus au niveau de la cavité buccale, une mauvaise odeur ou un refus de s’alimenter. Un vétérinaire peut examiner la cavité buccale, pratiquer une culture pour identifier l’agent infectieux et vérifier si l’infection a atteint les tissus profonds.

Le traitement consiste en un nettoyage local régulier, une antibiothérapie ou antifongique selon le cas, et une correction des paramètres de maintenance. Une amélioration de l’environnement est indispensable pour éviter les récidives.

Parasites internes et externes

Les reptiles peuvent être touchés par des parasites internes (vers, protozoaires) ou externes (acariens, tiques). Les premiers provoquent souvent perte de poids, diarrhées ou faiblesse générale. Les seconds se remarquent visuellement : petits points mobiles noirs ou rouges, peau irritée, frottements répétés dans le terrarium.

Un examen des selles permet d’identifier les parasites internes, tandis que l’observation et la manipulation révèlent les parasites externes. Le traitement varie selon l’espèce de parasite, mais il inclut presque toujours une désinfection complète de l’environnement.

La prévention repose sur la quarantaine des nouveaux animaux, l’entretien régulier du terrarium, l’inspection des nouvelles décorations et l’observation attentive de l’état général du reptile.

Infections cutanées et « scale rot »

Le “scale rot” est une maladie infectieuse de la peau liée à des conditions d’humidité excessive ou stagnante, un substrat sale, ou un terrarium mal ventilé. Les premières lésions apparaissent souvent sur le ventre : rougeurs, croûtes, cloques, zones nécrosées.

Lorsque l’infection progresse, elle peut atteindre les couches profondes de la peau, voire les tissus sous-jacents. Le traitement doit être rapide : nettoyage, antiseptiques, parfois antibiotiques, et correction immédiate des conditions d’élevage.

La meilleure prévention consiste à :

  • maintenir une hygrométrie adaptée,
  • nettoyer le terrarium régulièrement,
  • éviter les zones constamment détrempées,
  • offrir une bonne ventilation et des cachettes sèches.

Déshydratation

La déshydratation est un problème sous-estimé chez les reptiles. Elle peut être liée à un manque d’eau fraîche, une humidité trop basse, un stress important ou une maladie sous-jacente.

Les signes incluent une peau fripée, une absence de mue correcte, une faiblesse générale ou un enfoncement des yeux selon l’espèce.

La prévention passe par une gamelle d’eau propre, un taux d’humidité adapté (variable selon le reptile), un point humide ou une boîte à mue, et des brumisations régulières si nécessaire.

Maladies virales : Inclusion Body Disease (IBD)

L’IBD est une maladie virale grave touchant surtout certains serpents comme les boas et les pythons. Elle provoque des troubles neurologiques, des problèmes digestifs, des régurgitations ou une faiblesse générale. Il n’existe pas de traitement curatif, et la maladie peut être très contagieuse entre serpents.

La seule méthode efficace reste la prévention stricte :

  • quarantaine rigoureuse des nouveaux reptiles,
  • tests dans les élevages sérieux,
  • isolement des animaux suspects,
  • hygiène stricte du matériel et des terrariums.

À retenir

Cette liste n’est pas exhaustive : de nombreuses maladies existent et chaque espèce possède ses propres vulnérabilités. Cet article constitue une base de prévention, mais en cas de doute, de changement de comportement ou de symptômes anormaux, la seule démarche fiable reste de consulter un vétérinaire spécialisé en NAC. Les reptiles cachent très bien leur malaise, et une prise en charge tardive peut être difficile.


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